Entreprendre est moins risqué qu'être salarié

Dans la tête d'un Philopreneur #135

Hello !

En direct de ma ville natale, Nancy, où je suis rentré pour suivre tranquillement la fin de Roland Garros la semaine dernière et voir les premiers matchs de l’Euro avec des amis. Allez la France ! 🇫🇷

Merci pour vos nombreux retours de la semaine dernière concernant ma réflexion sur la productivité.

C’est un thème plus complexe qu’il n’y paraît et mon rapport avec celui-ci a évolué plusieurs fois au cours de ces 7 dernières années d’entrepreneuriat et de développement personnel.

Nous y reviendrons ensemble dans de futures éditions de cette newsletter.

Au programme de cette semaine :

  • 🧠 Pourquoi entreprendre est moins risqué qu’être salarié ?

  • 💌 Les bons plans du Philopreneur

  • 💬 La citation Philopreneur de la semaine


🧠 Dans ma tête en ce moment

Pourquoi entreprendre est moins risqué qu’être salarié ?

L’entrepreneuriat est une activité qui semble être de plus en plus présente dans notre société actuelle.

Si vous lisez cette newsletter vous êtes d’autant plus sensible à ce sujet.

Les start-up et le freelancing sont devenus incontournables dans certains médias et pour certaines franges de la population ; il y a de plus en plus de jeunes qui se lancent dans un de ces deux modes d’entrepreneuriat, qui ne sont pas les seuls pour autant.

Pourtant, l’entrepreneuriat reste considéré comme quelque chose de risqué, du moins, de plus risqué que d’avoir un job.

Même les entrepreneurs parlent de “prise de risque” lorsqu’ils se lancent.

Vous aussi peut-être vous considérez - inconsciemment ou non - que c’est le cas ?

Laissez-moi vous proposer une vision différente, celle d’un monde actuel et futur où entreprendre est bien moins risqué - et bien plus rentable à différents niveaux - que d’être salarié.

Salariat et économie de la connaissance

Comme toujours pour comprendre le présent et essayer de se projeter dans le futur, il faut analyser le passé.

Le salariat est une invention datant de l’ère industrielle qui faisait suite à celle de l’agriculture.

Puis entre le 19e et 20e siècle nous sommes passés du travail de cols-bleus à celui de cols blancs avec l’arrivée d’une économie de la connaissance. Les bureaux ont remplacé les usines.

En parallèle, la productivité du salarié a augmenté avec Toyota, Ford et Taylor faisant descendre son nombre d’heure de travail de 80 à 40 heures par semaine.

Les métiers se sont complexifiés tout en poursuivant le chemin de la spécialisation amorcé par le Taylorisme.

La connaissance s’est mise à valoir de l’or ce qui a permis et justifié l’émergence des grandes écoles donnant accès à du savoir et à un “tampon intellectuel” donnant accès à des métiers qualifiés et plutôt bien payés.

En 1900, il était plus commun d’aller travailler directement à 16 ou 18 ans que de faire des études puisqu’ils n’étaient pas clairs que celles-ci avaient de l’intérêt. Moins d’un siècle plus tard c’était une évidence pour la majorité d’entre nous.

Faire de bonnes études et avoir un travail était le modèle le plus intéressant du siècle dernier.

Mondialisation et internet

Puis sont arrivés les ordinateurs et internet qui ont accéléré l’accès à la connaissance et en on fait une commodité.

Dans de nombreux secteurs de la connaissance, la compétition pour avoir un job est passée de local à global.

L’économie de la connaissance et le marché du travail sont de plus en plus compétitifs et tirent les pris vers le bas.

J’entends de plus en plus souvent d’histoires d’entrepreneurs français qui recrutent une équipe de développeurs dans des pays comme l’Estonie, la Roumanie ou le Vietnam pour un coût bien inférieur et une qualité équivalente.

Avec ce type d’exemple, on comprend que la valeur d’un diplôme décroît puisque la connaissance et l’éducation sont accessibles à un grand nombre d’individus au 21ème siècle.

Pourtant comme l’expliquent des auteurs comme Ron Davidson (The Souvereign Individual) ou Taylor Pearson (The End of Jobs), nous n’avons pas encore tous pris conscience de ce nouveau paradigme - glissant sur plusieurs décennies - nous faisant passer d’une économie de la connaissance à une économie de l’entrepreneuriat.

Nous avons grandi avec des exemples (nos parents) nous prouvant que la voix la plus sûre était celle du salariat qui garantissait un revenu stable, la possibilité d’investir dans une maison, de construire une famille etc.

C’est encore, en partie, vrai aujourd’hui puisque ce genre de changement d’ère prend toujours du temps, nous le constatons par exemple en tant qu’entrepreneur pour ce qui concerne la recherche de logement ou l’investissement immobilier.

Mais, il y a de bonnes raisons d’investir dans l’entrepreneuriat en tant qu’individu et de quitter progressivement le salariat pour ceux qui ne se retrouvent pas, ou plus, dans ce modèle.

Imaginez aujourd’hui, un jeune faisait des études de comptabilité, puis qui exerce pendant 20 ans dans ce domaine pour finalement se faire remplacer par un comptable moins cher ou par un robot qui fera son travail plus vite et pour un coût quasi nul.

Comment va-t-il se réinventer après tant d’années de statu quo ?

Investir dans cette voie en 2021 est-il vraiment moins risqué que celui qui investit dans des compétences entrepreneuriales ?

Pourquoi investir dans l’entrepreneuriat est le meilleur choix à notre époque ?

Avant on était prêt à travailler en tant que salarié car la qualité de vie augmentée chaque décennie pour les employés.

Ce n’est plus le cas, la croissance économique a ralenti pour la société et les individus, il est plus dur de trouver des jobs, ils sont plus risqués et moins profitables. 

Il y a un concept appelé l’effet Tom Sayer qui dit que l’homme aime travailler mais pas par obligation. 

Puisqu’un emploi ne fournit plus les mêmes perspectives et garantis, on est moins à même d’accepter des obligations, et nos besoins naturels de sens et de liberté ne peuvent plus être contenus et mis de côté.

Avec un job, on manque de deux choses essentielles dans notre économie actuelle : du contrôle sur nos prises de décisions et du levier sur nos actions (et leurs résultats potentiels).

À l’inverse en tant qu’entrepreneur ou du moins avec un état d’esprit entrepreneurial, on se met dans une position dans laquelle on augmente le contrôle sur notre carrière et nous bénéficions d’un effet de levier bien supérieur sur 3 aspects : le sens, la liberté et la richesse aussi bien dans notre vie pro que perso.

Pour reprendre le concept de Nassim Taleb, investir dans l’entrepreneuriat (peu importe sa forme) rend anti-fragile.

L'antifragilité est une propriété des systèmes qui se renforcent lorsqu'ils sont exposés à des facteurs de stress, des chocs, de la volatilité, du bruit, des erreurs, des fautes, des attaques, ou des échecs.

L’entrepreneur ant-fragile développe des compétences et des actifs lui permettant de naviguer dans l’incertitude et la complexité de notre époque.

Un exemple concret

Dans mon cas personnel, j’ai privilégié l’investissement dans l’entrepreneuriat plutôt que dans la poursuite de mes études.

Pour la petite histoire, j’ai fait un BTS en comptabilité en 2012-2014 en parallèle de ma période de joueur de poker en ligne.

Le poker m’avait donné depuis mes 16-17 ans un avant-goût de l’entrepreneuriat et de la liberté que procure l’indépendance.

Pendant la deuxième année du BTS, j’ai découvert l’entrepreneuriat et les start-up, je m’étais alors consacré à cette nouvelle passion pendant toute l’année.

Cet investissement m’a amené à monter un premier projet pendant 6 mois puis à lancer et développer Fetch pendant 4 ans (2015-2018).

Une fois l’entreprise cédée, en arrivant sur Paris, j’ai senti le besoin de souffler et j’avais alors testé le marché pour éventuellement prendre un job pour quelque temps.

Il se trouve que j’avais alors eu de nombreuses propositions de jobs - en France et au Luxembourg - allant de 4000€ à 12 000€ nets par mois.

Je devais ces propositions à mon investissement entrepreneurial.

C’était dingue de constater qu’en à peine 4 années et à 27 ans, on me proposait des salaires nets supérieurs à 10 000€ par mois grâce aux compétences que j’avais développé en entreprenant.

En me contentant de mon BTS (ou même en poursuivant mes études) et en prenant un emploi “sur” et “stable”, ma situation aurait été bien différente…

J’ai finalement opté pour l’indépendance et c’est à cette époque que j’ai lancé cette newsletter.

Elle est devenue, involontairement, la rampe de lancement de mes projets que ce soit mes podcasts en 2019, Longue Vue en 2020 ou mes coachings en 2021 (10 de mes 11 clients actuels viennent de cette newsletter).

Avec ces actifs et investissements, je bénéficie de contrôle et de levier tout en maximisant le sens, la liberté et la richesse que je peux tirer de ceux-ci.

Mon exemple est loin d’être isolé, toutes les personnes que j’accompagne en coaching construisent des actifs et deviennent anti-fragiles.

C’est d’ailleurs souvent un des premiers sujets que l’on aborde en coaching, leur faire prendre conscience qu’ils ne prennent pas vraiment de risque en “osant” entreprendre, au contraire.

Je m’arrête ici pour cette réflexion que je poursuivrai dans les semaines/mois à venir.

Elle fait partie des idées importantes du concept Philopreneur avec lequel j’ai envie de vous aider à vivre une vie productive et intentionnelle avec plus de sens, de liberté et de richesse (financières, temporelles et relationnelles).

On en reparle très vite ! D’ici la, vous pouvez réagir à mes propos en répondant directement à cet e-mail.


💌 Les bons plans du Philopreneur

Romain Grosjean - L’adrénaline, la vitesse, la mort, le retour à la vie

Podcast de Generation Do It Yourself (90 minutes)

Matthieu Stefani a reçu l’ancien pilote de F1 Romain Grosjean, maintenant pilote d’Indycar aux USA. Il revient sur sa carrière de pilote mais aussi sur le terrible accident qui a failli lui coûter la vie l’automne dernier.

J’aime partager ces contenus mettant en avant des sportifs de haut niveau car ils sont pour moi des modèles d’inspirations sur de nombreux aspects pour tout entrepreneur.

-> Écouter l’épisode

How Philosophers Think

Article de David Perell (12 minutes)

Un vrai article de Philopreneur que nous a produit David Perell avec cet essai qui se concentre sur le processus de pensées et de réfléxions des philosophes.

Il compare les philosophes à des boxeurs de l’esprit, capables de décortiquer et de tourner autour d’une idée pendant des jours voir des années afin de la voir sous tous ses angles.

Vous y trouverez plein d’idées et de concepts qui font réfléchir.

-> Lire l’article

Monsieur Romain Gary

Livre de Kerwin Spire (300 pages)

Merci à mon ami Valentin Decker pour la découverte via sa newsletter. J’ai commencé ce livre ce week-end pour décompresser un peu après plusieurs lectures “difficiles” et demandeuses en concentration.

Je suis un fan de Romain Gary (mon écrivain français favori avec Kessel) qui fait donc l’objet ici d’une biographie romancée sur une partie précise de sa vie : son passage à Los Angeles dans les années 50 en tant que consul général français.

Puisque Gary ne fut pas seulement écrivain mais aussi diplomate pendant une bonne période de sa vie après avoir été aviateur pendant la seconde guerre mondiale.

Une belle lecture pour les aficionados de Gary et/ou pour ceux qui aiment les USA - et plus particulièrement le Los Angeles - de l’après-guerre.

-> Découvrir le livre


💬 La citation Philopreneur de la semaine

Chaque semaine, je vous partage une citation ou un extrait d’une de mes lectures qui est réapparue grâce à l’application Readwise.

Au fond, la perspective de l’éternel retour nous invite à sélectionner les moments de nos existences qui sont vraiment des instants de liberté et d’intensité au détriment de ceux qui sont contraints et qui nous affaiblissent.

Passage extrait de La Plus Belle Histoire de la Philosophie de Luc Ferry

Une référence à l’éternel retour de Nieztsche qui nous poussent, comme le dit l’auteur, à être en quête de liberté et d’intensité dans notre vie et d’éviter comme la peste de faire des choix ou des actions qui vous nous contraindre ou nous affaiblir sur la durée.


Je vais m’arrêter ici pour cette semaine.

Comme toujours, j’attends avec impatience vos retours sur cet essai/réflexion concernant le “risque” et l’entrepreneuriat.

N’hésitez pas à réagir en répondant directement par mail.

Pour en savoir plus sur mon offre de coaching, rendez-vous ici et remplissez le formulaire pour qu’on en discute ensemble.

J’ai une place pour un accompagnement potentiel à partir du mois de juillet.

À lundi prochain !

JCK