Dans la tête de JCK - Numéro #95

Hello !

Une fois n’est pas coutume, j’écris ces lignes le vendredi (et le samedi) en lieu et place de mon habituelle session d’écriture dominicale.

La raison, c’est que lorsque vous lirez ce mail, je serai en vacances depuis dimanche, et cela pour toute la semaine, du côté de la Charente-Maritime.

Les vacances et moi c’est une histoire compliquée depuis que je suis entrepreneur. Je profite de ce départ pour partager mon histoire avec ces périodes de repos, de "coupure” qui je pense parlera à d’autres entrepreneurs ou indépendants.

Vous allez voir, ma philosophie concernant les vacances a beaucoup évoluée ces dernières années. J’arrive à m’autoriser à vraiment couper cette semaine pour la première fois depuis des années

D’ailleurs, il est possible que je m’octroie une incartade lundi prochain avec une semaine sans édition de Dans la tête de JCK. Rien de sur encore. Ce sera la surprise lundi prochain à 16h30.

Au programme du jour :

  • Les vacances et les entrepreneurs : mon cas personnel et l’évolution de mon rapport aux vacances et au repos

  • Les dernières avancées de Longue Vue

  • Ce que je lis en ce moment (2 livres)

  • Mes ressources du moment (4 liens)

Si vous avez manqué l’édition précédente : deuxième chance.


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🤔 Mes réflexions de la semaine

Le rapport et la gestion des vacances quand on est entrepreneur

L’entrepreneur (ou l’indépendant), ce spécimen qui a la bougeotte, qui vit et pense projets.

Abreuvé de conseils de productivités, de vidéos de Gary V et d’un flux constant d’activités sur les réseaux sociaux lui rappelant chaque jour qu’il doit se bouger pour arriver à ses fins.

Fins qu’il ne sait pas toujours définir et qui ne sont pas toujours les siennes.

Chaque année vient l’été (ou la période de Noel ou encore ces fameux jours fériés) et ce moment où les gens “normaux” prennent des vacances.

L’entrepreneur est confus, lui a la chance d’être “libre” toute l’année, il travaille sur des projets qu’il a choisi.

Il n’a donc pas l’impression de travailler. Dans ce cas, pourquoi prendre des vacances ?

En plus il se sent responsable vis à vis de son projet ou entreprise (qui a besoin de lui comme un enfant de sa maman), de ses associés, de ses employés, de ses clients, de sa communauté etc. Est-il vraiment libre d’ailleurs ? C’est un autre sujet.

Ce stéréotype de l’entrepreneur que je décris, je le connais très bien puisque ce fut en partie moi pendant des années.

Mon histoire avec les vacances et le repos depuis que j’entreprends

Je dois commencer par préciser que le concept de jours de congés payées m’est étranger puisque je n’ai jamais été salarié dans une entreprise et n’ai donc jamais eu la possibilité de connaitre ce moment où on “pose ses vacances”.

J’ai commencé à entreprendre sérieusement en 2014 après 7 années de pratique du poker en ligne (activité que j’assimile à celle d’un indépendant).

Comme beaucoup d’entrepreneur, je suis un passionné et quelqu’un qui ne compte pas ses heures.

Lorsque j’ai développé et dirigé Fetch de 2015 à 2018, j’ai vécu quatre étés correspondant chacun à une phase différente du développement de l’entreprise.

Mais peu importe le contexte, chaque année, je ressentais une certaine culpabilité à l’idée de prendre des vacances, de couper complètement ne serait-ce que quelques jours.

  • En 2015 à cause du lancement imminent de l’activité, j’avais l’impression de “perdre” des jours précieux sachant qu’alors l’entreprise dépendait presque entièrement de moi pour avancer (j’étais le seul des fondateurs à être à temps plein et nous n’avions pas encore d’employés)

  • En 2016 nous avions ouvert en plein Juillet notre deuxième ville (Metz) et nous commencions à recruter nos premiers employés. En partant quelques jours en vacances j’avais alors eu l’impression de lâcher mes associés dans un moment important.

  • En 2017 j’avais maintenant entre 15 et 20 employés et j’avais une “peur” du jugement de ceux-ci de voir le patron se “reposer”, le sentiment d’abandonner mon équipe.

  • En 2018, c’était la période la plus dure, celle où nous avons du céder l’entreprise. Cette année la, je n’ai tout simplement pris aucun jour de repos durant l’été devant gérer le sauvetage de l’entreprise, sa restructuration, l’échec d’une vente, la gestion de la cession de Fetch à un autre acteur et la phase de transition avec celui-ci.

Ces différentes périodes étaient synonymes de conflits avec ma copine de l’époque qui avait du mal à comprendre mes difficultés et réticences à couper entièrement lorsque je m’octroyais quelques jours de break.

Je finissais par partir en vacances (après d’âpres négociations pour en réduire la durée) mais mon esprit était plus souvent occupé par les problèmes que j’avais à gérer avec l’entreprise.

Je n’ai jamais réussi à prendre plus de 8 ou 9 jours d’affilés et encore moins à faire une vraie coupure sans aller voir mes mails, répondre à des questions sur slack voir à faire quelques tâches de ma todo list quand j’avais une heure devant moi.

Ensuite, une fois la transition effectuée et mon départ de Fetch en septembre 2018, je regrette de ne pas avoir fait une vraie coupure.

Je suis rapidement arrivé à Paris et je me suis retrouvé dans un entre-deux pendant 6 mois. Je ne travaillais pas intensivement mais je n’étais pas non plus en vacances (dont j’avais pourtant cruellement besoin).

J’ai donc mis plus du temps à recouvrer mon énergie mental et physique qui me faisait défaut après cette aventure éprouvante.

Quelques changements dans mon approche depuis 2019

Depuis bientôt deux ans, ma vision du travail et dans une certaine mesure celle des vacances et du repos ont changé.

J’ai commencé par “designer” mes journée et mes semaines idéales et je tâche depuis à les vivre au quotidien.

Je ne vais pas m’étendre en large la dessus (aujourd’hui) mais cela passe par des matinées composées de lecture, de travail concentré dans des cafés près de chez moi suivi d’une séance de sport et des après-midis qui oscillent entre rendez-vous, recherches, petites tâches, lecture et loisirs.

Hors période de vacances, je travaille quasiment tous les jours (weekend compris) mais avec une intensité variable.

Il y a des journées ou des semaines où je m’autorise à moins travailler si je ressens le besoin de réfléchir, de me donner plus de temps pour lire, écrire, faire du sport ou encore voir des amis.

Le plus important pour moi c’est d’avoir la perception d’être libre et maître de mon temps. J’aime l’idée de pouvoir aller au cinéma en fin de matinée ou dans l’après-midi si l’envie m’y prend.

Concernant les vacances j’ai encore du mal à m’autoriser à couper entièrement.

Le schéma classique pour moi dans ces périodes est de travailler quelques heures le matin et de profiter de mon temps libre les après-midis et le soir.

C’est agréable, mais avec les années qui passent, je me rends compte que ce n’est jamais un réel moment de déconnexion.

Je n’ai pas l’impression de me “recharger”, mon esprit restant activement concentré et connecté à mes problématiques professionnelles.

Ce que j’ai envie de tester cette année

Pour la première fois de ma vie d’entrepreneur, je m’autorise cette semaine à déconnecter complètement de mes engagements professionnels et de mes projets.

Pourtant, nous avons beaucoup de sujets sur le feu avec Longue Vue, mais ce sera tout autant le cas dans deux mois, l’an prochain ou dans cinq ans.

Il n y aura jamais de bons moments pour s’autoriser à couper totalement.

C’est un choix à faire : soit on en ressent le besoin et on se l’autorise, soit on continue à prendre des “demi-vacances” toute sa vie.

Cette semaine, je vais donc profiter de ce temps privilégié avec ma copine pour lâcher mon ordinateur, mes mails et Notion.

J’ai également envie de prendre du recul vis à vis de mon rapport au temps.

J’ai décidé de ne pas porter de montre et d’éviter au maximum d’avoir mon téléphone pour être dans le moment présent et de ne pas “timer” chaque activité comme je peux le faire dans ma vie pro mais aussi parfois dans ma vie personnelle (déformation professionnelle d’un ex CEO qui va un peu trop loin…).

Je m’autorise de parler de nos activités respectives avec ma copine (qui est également entrepreneuse) mais ce seront des échanges verbaux et au mieux avec un carnet (pas d’ordinateurs).

Je vous ferai le bilan de cette nouvelle approche du repos et des vacances dans la prochaine édition de la newsletter.

Ma conclusion sur ce sujet

Cette réflexion n’a pas pour objectif de juger ceux qui décident de consacrer tout leur temps au travail ou ceux qui ne déconnectent pas entièrement pendant leurs vacances.

Mon point est de montrer que cette culpabilité que nous pouvons ressentir, cette peur de trahir son entreprise, ses associés, son équipe ou ses clients est commune à beaucoup de dirigeants, entrepreneurs, indépendants et même certains salariés.

Il n y aura jamais de bons moments pour couper.

C’est à vous de vous écouter et d’assumer ce besoin ou cette envie. En réalité, personne ne vous le reprochera, du moins pas de la manière que vous imaginez.

Il y a sans doutes des périodes où cela est plus difficile voir impossible (dans mon cas l’été 2018) mais il est certain que nous surestimons l’impact soi-disant négatif sur nos entreprises ou projets que pourrait avoir quelques jours ou semaines sans notre présence.

Au contraire, pouvoir déconnecter entièrement nous fera le plus grand bien, cela sera également bénéfique pour nos projets et les personnes qui nous entourent.

Sans oublier qu’un des objectifs ultime d’un dirigeant est de se rendre non indispensable dans son entreprise à minima sur les sujets opérationnels, le “day to day”.

Pouvoir prendre plusieurs semaines - voir mois - de vacances sans que son entreprise ne soit impactée est un indicateur d’une entreprise bien structurée.

C’est terriblement important pour nous, les entrepreneurs et indépendants de ne jamais oublier que la vie et le business ne sont pas des sprints mais des marathons.

J’aimerais savoir quel est votre rapport aux vacances ? Est-ce que vous prenez des vacances cet été ? Est-ce que mon témoignage vous parle ?


👀 Les nouvelles de Longue Vue

Nous avons publié mercredi dernier la 4ème édition de notre newsletter. Pour cette édition, c’était à mon tour de proposer un livre et je suis heureux d’avoir partagé - et je l’espère avoir donné envie de lire - cette biographie sur John Muir.

C’est une de mes lectures qui m’a le plus marquée en 2020 et c’est exactement le genre de livre qu’on va vous proposer dans le Club Longue Vue.

Il se trouve aussi qu’on est en train de voir pour organiser un événement en ligne avec l’auteur du livre, Alexis Jenni (prix Goncourt 2011), qui aurait lieu début septembre.

Vous serez bien évidemment informé de la date de cet événement dans les prochaines éditions.

  • Réception d’échantillons de cartons pour la box du Club Longue Vue et test des premiers designs

Ceci est mon lit faisant office d’atelier d’assemblage ces derniers jours.

On rentre dans le concret avec la réception des premiers échantillons pour tester différentes tailles et formats de boîtes.

Valentin a également fait quelques essais pour le design de la box.

Une préférence entre ces trois modèles ?

En bref, nous avançons également sur :

  • La création officielle de la société (SAS Longue Vue)

  • Le script de la vidéo de notre crowdfunding et tout ce qui concerne le tournage et le shooting photos

  • Les visuels qui accompagneront la page Ulule

  • La validation avec les éditeurs des premiers livres que recevront les membres du club

  • Les premiers épisodes du podcast Longue Vue sont planifiés et je vais les enregistrer à mon retour de vacances


📚 Ce que je lis en ce moment

The Great Mental Models Volume 1 : General Thinking Concepts de Shane Parrish (200 pages)

Je vous partageais la semaine dernière que j’ai rejoint la communauté payante de Farnam Street : la Learning Community.

Ce choix fait suite à la lecture de ce livre écrit par le fondateur de Farnam Street sur les modèles mentaux.

Qu’est qu’un modèle mental ?

C’est un concept, un système ou une manière de voir le monde qui nous aide à comprendre comment les choses fonctionnent.

Nous avons tous des modèles mentaux que nous façonnons à travers nos expériences, nos connaissances et notre capacité à croiser plusieurs disciplines.

Ce livre (et les futurs de la série) nous permet de comprendre des modèles mentaux que vous utilisez peut être déjà et d’en découvrir de nouveaux qui vous seront utile dans votre vie quotidienne, dans vos projets, vos interactions avec les autres et surtout dans votre processus de prise de décision.

Avec la philosophie c’est un des sujets qui me passionnent le plus actuellement. Je vais continuer à lire des livres et articles. Je ne manquerai pas de vous partager ce que j’apprends et expérimente.

Ma note : 8/10

L'art de se connaître soi-même de Arthur Schopenhauer (120 pages)

Vouloir le moins possible, connaître le plus possible, a été la maxime qui a guidé ma vie 

Des pensées de ce type, il y en a des dizaines dans ce petit livre.

C’est un recueil - publié posthume - composé de réflexions, d’idées, d’aphorismes, de souvenirs, de règles de vies que compila le célèbre philosophe du pessimisme tout au long de sa vie.

Il avait confié à certains de ses amis les plus proches sa volonté que ce livre soit publié après sa mort. L’histoire - racontée en préambule - ne fut pas si simple.

Arthur Schopenhauer partage avec conviction son point de vue sur la société des Hommes (qu’il appelle les bipèdes), son idée du mariage, des femmes, de l’importance de consacrer toute son attention sur sa mission de sa vie, de la responsabilité qu’il ressentait vis à vis de l’humanité.

C’est souvent brutal, parfois extrémiste, tout n’est pas à prendre à la lettre mais il y a de bonnes leçons à tirer de ses réflexions.

On comprend rapidement pourquoi il ne souhaitait pas que ces pages soient publiées avant sa disparition.

Ma note : 7/10


🎁 Les ressources/liens de la semaine

(Article) Les 59 livres les plus recommandés par les milliardaires, les icônes et les leaders - Onur Karapinar

Mon ami et auteur Onur Karapinar a compilé près de 60 livres recommandés par des milliardaires, leaders d’opinions et autres personnes influentes de notre société.

Vous reconnaîtrez des classiques dans la liste (les avez-vous lu cependant ?) mais également quelques livres que j’ai découvert grâce à Onur comme The Rational Optimist, SuperIntelligence ou Tao Te King.

C’est aussi un rappel de quelques livres que je souhaite lire comme A Guide to the Good Life de William Irvine.

Voir les recommandations de livres

(Vidéo) Où en est la France ? Michel Onfray - Thinkerview

Cela faisait quelques mois que j’avais pas écouté et étudié une vidéo de l’excellente chaîne Thinkerview. Quelle erreur !

La semaine dernière, j’ai pris plusieurs heures pour écouter et prendre des notes de l’interview d’Onfray.

Comme toujours sur avec Thinkerview, les sujets sont multiples et les digressions nombreuses.

Michel Onfray a été interrogé sur son point de vue sur l’état de la France en tant que nation. Il donne son avis sur l’Europe, la souveraineté et ses idées pour gérer les inévitables flux migratoires actuels et à venir.

Il revient aussi sur l’Histoire du monde, de la philosophie, de l’Occident et de son lien inévitable avec le judéo-christianisme et de leurs déclins respectifs.

En terme de recommandations de lectures, il cite :

  • Les Essais de Montaigne

  • Lettres à Lucilius de Sénèque

  • Discours de la servitude volontaire de La Boétie.

Il se trouve que ces trois livres se trouve sur ma table de chevet. Je ne peux que vous les recommander à 100%.

Voir la vidéo

(Article) How to have the best week ever - Ryan Holiday

Ryan Holiday nous propose - comme toujours - un article de grande qualité qui nous pousse à la réflexion et à l’amélioration de soi.

Il nous propose d’appliquer 7 principes tirés des écrits de ses mentors stoïciens pour mieux vivre, être plus en accord avec soi-même :

  1. Se lever tôt, ne pas retarder notre réveil

  2. Se préparer au pire, il arrivera un jour

  3. Clarifier ses principes

  4. Etre radical dans ses choix et sur qui ne compte pas pour nous

  5. Transformer les problèmes et catastrophes en opportunités

  6. Marcher (ou courir) chaque jour

  7. Revoir, analyser sa journée

Chaque point est développé et étayé de citations de Sénèque, Epictète ou Marc Aurèle mais aussi de Churchill ou d’autres grandes figures qui vivaient les principes de cette philosophie stoïcienne.

Lire l'article de Ryan Holiday

(Site) Displate

Si on m’avait dit que je finirai par vous faire une recommandation déco !

Je suis tombé sur ce site la semaine dernière en regardant une vidéo de First Team (chaîne spécialisée sur la NBA que je suis chaque semaine).

Je procrastine depuis des mois l’achat d’affiches décoratives pour diverses raisons et je découvre ce site qui me permet de commander des tableaux en métal que je peux facilement commander et attacher à mon mur sans me prendre la tête avec des tableaux et autres punaises (je ne suis pas du tout bricoleur !).

Pour mieux comprendre le concept du tableau en métal, l’entreprise l’explique ici.

La sélection de tableaux est très large. Je pense que vous trouverez votre bonheur.

Pour ma part, je vais en commander 3-4 pour tester.

Découvrir Displate


C'est tout pour aujourd'hui !

Est-ce que cette édition vous a plu ? Qu’est ce que vous avez appris ou retenez de votre lecture ?

N’hésitez pas à me solliciter par mail ou en commentaire sur substack.

La newsletter sert aussi à engager la conversation. Profitons-en pour échanger et apprendre ensemble.

Comme je le disais en introduction, je verrai cette semaine si j’écris et publie une édition lundi prochain - ce sera selon mon envie et la matière que j’aurai à ma disposition.

Passez une bonne semaine !

JCK